Peuples autochtones
Le choix des mots est important. Tout au long de l’histoire du Canada, différents termes ont été utilisés. Certains de ces termes se sont avérés blessants ou dénigrants et ont conséquemment nui aux personnes et aux communautés autochtones. Le gouvernement du Yukon est soucieux d’être respectueux et précis dans la terminologie qu’il emploie. Ces choix sont une façon de reconnaître les préjudices subis et une marque de respect qui constituent un aspect important de la réconciliation.
Les fondements
Utilisez la terminologie privilégiée par le groupe ou le gouvernement autochtone. En cas de doute, posez des questions.
- Évitez les tournures qui font allusion à la possession.
- Portez une attention particulière à l’utilisation des majuscules. Sachez reconnaître les noms propres et les termes juridiques. Les majuscules peuvent également être utilisées comme marque de respect.
- La précision est de mise. Dans la mesure du possible, optez pour le terme le plus spécifique, évitez les termes génériques.
- Faites place à la diversité. L’utilisation du pluriel est une façon de souligner les diversités. Les peuples, les nations, les cultures, les histoires, les points de vue en sont quelques exemples.
- Privilégiez le présent. Les peuples autochtones sont une réalité actuelle. Réservez le passé aux contextes historiques.
- Mettez l’accent sur le positif. Choisissez des tournures positives, où la force et l’émancipation sont mises de l’avant. Évitez de parler de besoins et de lacunes.
- Évitez les stéréotypes et les expressions désuètes.
Autochtone, aborigène, indigène, amérindien et indien
Le terme « autochtone » se rapporte à trois groupes reconnus par la Constitution du Canada : les Premières Nations les Inuit les Métis.
Les termes « indigène » et « aborigène » ne sont pas utilisés en contexte canadien. Le terme « amérindien » est considéré comme désuet et l’utilisation du terme « indien » est limitée à des contextes particuliers.
Bien qu’« autochtone » soit le terme à privilégier, vous pouvez utiliser un autre terme si :
- c’est celui que privilégie un groupe particulier;
- vous citez un document qui l’utilise;
- vous avez reçu un avis juridique qui en recommande l’utilisation;
- il fait partie d’un nom propre.
De manière générale, réservez l’utilisation du terme « autochtone » aux contextes où vous faites référence à des groupes qui pourraient inclure une combinaison de gouvernements ou de citoyens et citoyennes des Premières Nations, des Inuit ou des Métis. Autrement, utilisez un terme plus précis (ex. Premières Nations, Premières Nations du Yukon, Inuvialuit ou Première Nation de Selkirk).
Premières Nations
Les Premières Nations constituent la plus grande part des peuples autochtones au Canada. Le terme « Première Nation » est utilisé depuis les années 1970 pour remplacer le mot « indien » que de nombreuses personnes trouvaient offensant. Ce terme désigne « toute personne qui, conformément à la Loi sur les Indiens, est inscrite à titre d’Indien ou a le droit de l’être. » Le Yukon compte 14 Premières Nations, et le territoire traditionnel de plusieurs Premières Nations transfrontalières le chevauche.
Non : indien, indigène, aborigène, amérindien
Oui : Première Nation
Le terme « Première Nation » peut se rapporter aux personnes comme aux gouvernements. Assurez-vous que votre contexte est clair lorsque vous utilisez ce terme.
Pluriel
Utilisez le pluriel pour indiquer qu’il existe plusieurs nations distinctes au Yukon et au Canada.
Non : gouvernement autochtone, Première Nation de Champagne et d’Aishihik
Oui : gouvernements autochtones, Premières Nations de Champagne et d’Aishihik
Inuit
Les Inuit sont des populations autochtones de la région désignée des Inuvialuit (Territoires du Nord-Ouest et Yukon), du Nunavut, du Nunavik (nord du Québec) et du Nunatsiavut (nord du Labrador). Les Inuvialuit sont un groupe inuit ayant des droits conférés par un traité dans le nord du Yukon.
Le mot « Inuit » est un emprunt à l’inuktitut, il faut donc l’utiliser selon son sens d’origine, soit comme un nom épicène et pluriel. Au singulier, on utilise le nom « Inuk » (exemples : un Inuk, une Inuk, des Inuit).
Pour qualifier un nom singulier se rapportant à une personne, on utilise l’adjectif invariable « inuk » (ex. une athlète inuk).
Pour qualifier un nom singulier se rapportant à une chose concrète ou abstraite et pour qualifier un nom pluriel qui renvoie à des personnes ou à des choses concrètes ou abstraites, on utilise l’adjectif invariable « inuit » (exemples : un artiste inuk, une chanteuse inuk, l’art inuit, une sculpture inuit, des élèves inuit, des chansons inuit).
Les mêmes règles s’appliquent aux mots « Inuvialuk » (n. m. et f. sing.), « Inuvialuit » (n. m. et f. pl.), « inuvialuk » (adj. inv.) et « inuvialuit » (adj. inv.).
« Inuit » signifie « le peuple ». Il est donc redondant de dire « le peuple inuit ».
Métis
Les Métis sont apparus comme groupe autochtone distinct à la fin du 18e siècle dans des régions où se pratiquait la traite des fourrures au Manitoba, en Saskatchewan, en Alberta et dans certaines parties de l’Ontario, de la Colombie-Britannique et des Territoires du Nord-Ouest. Des femmes des Premières Nations et des commerçants de fourrure européens ont eu des enfants, et ces personnes d’ascendance mixte se sont mariées et ont formé des groupes culturels uniques donnant lieu à un nouveau peuple autochtone distinct. Des Métis habitent au Yukon, mais, mis à part les Dene Métis de la Première Nation Acho Dene Koe, qui revendiquent un territoire traditionnel dans le sud du Yukon, il n’y a aucun registre historique de communautés Métis ici.
Utilisez « Métis » pour désigner les gens qui s’identifient comme tels, qui ont des ancêtres métis ou qui sont acceptés par la Nation Métis. N’utilisez pas « Métis » comme générique pour désigner les personnes de descendance autochtone et non autochtone mixte.
Gouvernance
Les Autochtones sont titulaires de droits protégés par la Constitution. La plupart du temps, ces personnes sont représentées par un gouvernement élu (par exemple, la Première Nation des Gwitchin Vuntut), mais dans certains cas, ils choisissent d’être représentés par une société à but non lucratif (ex. le Conseil tribal des Gwich’in, le Conseil des Gwich’in Tetlit, etc.). Dans un esprit d’inclusion, le terme « gouvernements et groupes autochtones » est parfois utilisé. Tout gouvernement autochtone est reconnu comme tel par le gouvernement du Yukon, qu’il soit visé ou non par un traité.
Au Yukon, certains groupes autochtones sont des organismes de défense des droits plutôt que des gouvernements. On peut citer par exemple le Conseil des Premières Nations du Yukon et le Conseil Déna Kaska. La consultation de ces organismes ne remplace pas la consultation de gouvernement à gouvernement, à moins qu’un gouvernement autochtone accepte d’être représenté par l’un de ces organismes.
Traités modernes et ententes sur les revendications territoriales globales
Les expressions « ententes sur les revendications territoriales globales » et « traités modernes » désignent la même chose.
- Des 14 Premières Nations du Yukon, 11 ont signé une entente définitive et une entente sur l’autonomie gouvernementale.
- Les ententes définitives des Premières Nations du Yukon sont des traités modernes protégés par la Constitution (aussi appelés « ententes sur les revendications territoriales globales ») basés sur l’Accord-cadre définitif. Les ententes d’autonomie gouvernementale sont des ententes supplémentaires qui définissent les pouvoirs d’autonomie gouvernementale des Premières Nations, notamment ceux d’établir leurs propres lois, régimes fiscaux, programmes et services.
- Les Inuvialuit et les Tetlit Gwich’in (des Territoires du Nord-Ouest) ont également des traités modernes qui leur accordent des droits au Yukon. Les Tetlit Gwich’in y ont également un territoire.
Non : Premières Nations non autonomes; Premières Nations non établies
Oui : Premières Nations avec ou sans traités; Premières Nations avec ou sans entente définitive; Premières Nations signataires ou non-signataires d’un traité; Premières Nations visées ou non visées par un traité
Orthographe
Si une Première Nation demande que vous utilisiez une graphie différente, respectez sa préférence. Employez le nom au long ou écrivez seulement « Première Nation » une fois que vous avez précisé de quelle Première Nation vous parlez.
Certaines Premières Nations :
- utilisent le pluriel à « Nations », d’autres non;
- n’utilisent pas « Première Nation » dans leur nom, car celui-ci se traduit par « le peuple » ou « la nation »; il serait donc redondant d’ajouter « peuple » ou « Première Nation »;
- utilisent un nom différent pour désigner leur peuple et leur gouvernement.
Premières Nations du Yukon et groupes autochtones transfrontaliers
Les abréviations sont fournies à titre de référence, mais ne doivent pas être utilisées dans les publications publiques.
Carcross/Tagish First Nation (C/TFN) :
Première Nation de Carcross/Tagish
Carcross
Champagne and Aishihik First Nations (CAFN) :
Premières Nations de Champagne et d’Aishihik
Haines Junction
Kluane First Nation (KFN) :
Première Nation de Kluane
Burwash Landing
Kwanlin Dün First Nation (KDFN)
Première Nation des Kwanlin Dün
Whitehorse
Liard First Nation (LFN)
Première Nation de Liard
Watson Lake et Lower Post (C.-B.)
Little Salmon/Carmacks First Nation (LSCFN)
Première Nation de Little Salmon/Carmacks
Carmacks
First Nation of Na-Cho Nyäk Dun (FNNND)
Première Nation des Na-Cho Nyäk Dun
Mayo
- « Première Nation des Na-Cho Nyäk Dun » désigne le gouvernement; les « Na-cho Nyäk Dun » désigne le peuple.
Ross River Dena Council (RRDC)
Conseil Dena de Ross River
Ross River
Selkirk First Nation (SFN)
Première Nation de Selkirk
Pelly Crossing
Ta'an Kwäch'än Council (TKC)
Conseil des Ta'an Kwäch'än
Whitehorse
Teslin Tlingit Council (TTC)
Conseil des Tlingits de Teslin
Teslin
Tr'ondëk Hwëch'in (TH)
Tr'ondëk Hwëch'in
Dawson
- « Gouvernement des Tr’ondëk Hwëch’in » désigne le gouvernement; les « Tr’ondëk Hwëch’in » désignent le peuple.
Vuntut Gwitchin First Nation (VGFN)
Première Nation des Gwitchin Vuntut
Old Crow
- Gwitchin (lorsqu’on parle des personnes d’Old Crow, au Yukon)
- Langue gwitchin
- Les Gwich’in (pour désigner la Nation ou l’ensemble de ses membres)
White River First Nation (WRFN)
Première Nation de White River (Beaver Creek)
Groupes autochtones transfrontaliers
Acho Dene Koe First Nation
Première Nation Acho Dene Koe
Fort Liard (T.N.-O.)
Gwich'in of the Northwest Territories ou Gwich'in Tribal Council (GTC)
Gwich’in des Territoires du Nord-Ouest
Conseil tribal des Gwich'in
Inuvik (T.N.-O.)
Tetlit Gwich'in Council (TGC)
Conseil des Tetlit Gwich’in
Fort McPherson (T.N.-O.)
Inuvialuit Regional Corporation (IRC)
Société régionale inuvialuite
Inuvik (T.N.-O.)
Kaska de la Colombie-Britannique
Daylu Dena Council (DDC)
Conseil des Daylu Dena
Lower Post (C.-B.)
- Le Conseil des Daylu Dena fait partie de la Première Nation de Liard.
Dease River First Nation (DRFN)
Première Nation de Dease River
Good Hope Lake (C.-B.)
Kwadacha Nation (KN)
Première Nation de Kwadacha
Fort Ware (C.-B.)
Kaska Dena Council (KDC)
Conseil Déna Kaska
Tahltan Central Government (TCG)
Gouvernement central Talan
Dease Lake (C.-B.), Telegraph Creek (C.-B.) et Iskut (C.-B.)
Taku River Tlingit First Nation (TRTFN)
Première Nation des Tlingits de la rivière Taku
Atlin (C.-B.)
Office de la santé Shäw Kwä'ą
- Écrivez le nom complet de l'office de la santé Shäw Kwä’ą / Health and Wellness Yukon / Santé et mieux-être Yukon, la première fois qu’il apparaît dans un document ou sur un site Web.
- Par la suite, il faut simplement le nommer Shäw Kwä'ą.
- La même règle s'applique dans un discours; on mentionne le nom complet une première fois puis le nom abrégé.
- Le nom abrégé (Shäw Kwä'ą) peut être utilisé dans les titres de sites Web ou des produits numériques. Le nom complet doit alors être écrit au long la première fois qu'il apparaît dans le corps du texte, puis on doit ensuite revenir au nom abrégé.
Emploi des majuscules
Utilisez la majuscule pour désigner les personnes, ainsi que le nom propre des peuples, groupes, gouvernements et conseils :
- un ou une Autochtone, les Autochtones (personnes)
- les Peuples autochtones
- Premières Nations, Métis, Inuit
- Tutchones du Nord, Athabascans
Utilisez la majuscule pour les termes officiels et définis par une loi :
- Entente définitive
- Entente sur l’autonomie gouvernementale
- Région désignée des Inuvialuit
- Accord-cadre définitif
- Titres officiels (Chef, Aîné ou Aînée et Grand chef)
Ne mettez pas de majuscule aux termes généraux comme :
- gouvernement autonome ou autonomie gouvernementale
- droits autochtones
- droits issus de traités
À éviter
Pensez à la connotation historique des mots que vous utilisez et au pouvoir que ces tournures donnent, ou non, aux communautés visées.
- Par exemple, les termes « intervenant » ou « partie prenante » sont couramment utilisés pour désigner les personnes qui pourraient être touchées par un projet. Ces termes pourraient offenser les gouvernements autochtones, car ils détiennent des droits protégés par la Constitution canadienne et sont plus que des intervenants ou des parties prenantes. Mieux vaut plutôt :
- désigner les gouvernements autochtones comme des partenaires ou des titulaires de droits;
- nommer les groupes qui seront consultés.
- Les expressions « nos Premières Nations » et « nos partenaires Premières Nations » sont parfois utilisés, mais ce sont des tournures qui font allusion à la possession.
- Écrivez plutôt « Premières Nations du Yukon », « Premières Nations partenaires » ou « en partenariat avec les gouvernements des Premières Nations ».
Mention de reconnaissance
Activités et notes d’allocution
Lorsque vous organisez une activité, vous devriez toujours reconnaître le territoire traditionnel sur lequel vous vous trouvez. Incluez la mention dans vos notes d’allocution.
N’oubliez pas que Whitehorse fait partie du territoire de la Première Nation des Kwanlin Dün et de celui du Conseil des Ta’an Kwäch’än.
Exemples :
- Je reconnais que nous nous trouvons sur le territoire traditionnel de [Première Nation ou Conseil].
- Je remercie [Première Nation ou Conseil] de nous accueillir chez [elle ou lui].
- Je remercie nos hôtes, [Première Nation ou Conseil], de nous accueillir sur leur territoire traditionnel.
Bloc de signature d’un courriel
Les employés du gouvernement du Yukon peuvent souligner le territoire traditionnel sur lequel ils travaillent dans leur signature de courriel. Voici quelques exemples :
- C’est avec respect que je souligne le fait que je travaille sur les territoires traditionnels de [Première Nation ou Conseil].
- Je reconnais que je travaille sur les territoires traditionnels des peuples autochtones (si vous travaillez dans plus d’un endroit au Yukon).
Lettres accentuées (diacritiques)
Le nom de certaines Premières Nations contient des trémas. On peut facilement les faire en utilisant un clavier français. On peut aussi les trouver en passant par la fonction « Insérer » puis « Symbole » dans Word.